NOTRE ENNEMI, LE CAPITAL

Le dernier titre de Jean-Claude Michéa sonne comme un rappel bienvenu.

Les campagnes électorales pèsent lourd dans la fabrication sur mesure de l’opinion, l’abondance des propositions, des commentaires et des avis d’experts amenant à penser qu’en votant, nous aurions la possibilité de choisir notre futur.

Dans les faits, il n’en ait rien. Ce sont les marchés financiers qui mènent le monde. Ils décident de nos modes de vies en ce qu’ils imposent la marchandisation de tout et un niveau de consommation outrancier pour assurer la croissance de leurs profits. L’enrichissement illimité d’une petite minorité est en jeu au mépris de toute morale, coûts humains et environnementaux.

Progressivement, la financiarisation du monde a pris la forme d’une pieuvre dont on retrouve les tentacules partout où ça va mal : guerres, corruptions, paradis fiscaux, famines, dictatures, mafias, catastrophes écologiques, destructions des solidarités, abêtissement de masse… La bête a pris main sur les gouvernements, infiltrant au plus haut niveau les instances de décision et de contrôle. Elle a la mainmise sur les grands médias et tient ferme l’opinion.

Sur le fond, cette réalité n’est pas vraiment nouvelle. Dans sa forme actuelle, elle est  inédite et particulièrement inquiétante en qu’il y a incompatibilité fondamentale entre ce qu’il faudrait faire pour arrêter la catastrophe climatique annoncée et les intérêts des puissants. Un changement radical d’orientation s’impose qui ne viendra pas d’en haut ou trop tard.

Raisons d’espérer ? Toutes les études convergent : en dépit du formatage au fatalisme et du matraquage constant du marketing, il est rassurant de constater que pour la grande majorité des gens, au-delà d’un certain niveau de confort assez proche de la couverture des besoins essentiels, plus de richesses n’est pas synonyme de plus de bonheur. Au contraire ! Ils en ont assez et les aspirations à autre chose demeurent. Contrairement aux apparences beaucoup déformées par les médias, l’empathie n’a jamais été aussi forte.

Une transition économique déconnectée de la folie capitaliste est possible Le changement peut être entendu et compris par le plus grand nombre, peut-être même est-il attendu ?

Prochaine contribution : La transition vers une économie sociale, solidaire et écologique, est à notre portée !

*NOTRE ENNEMI ? LE CAPITAL, éd. Climats (2017) 19 €