EDITO MAI 2021

 L’ONG Résistance climatique s’emploie à sensibiliser très concrètement à la nécessité de changement de nos modes de vie. Tout est dit en deux chiffres : en moyenne nationale, nous produisons chacun, (y compris pour nos besoins collectifs et tout gaz confondus), l’équivalent de 12 tonnes de CO2. Pour être dans les clous du Giec, il nous faut revenir à 2 tonnes. S’en suit un éventail de propositions de réduction de nos consommations : il s’agit bien d’une révolution de très grande ampleur.

Jade Lindgaard, journaliste à Médiapart, constate dans Climat, où est passée la colère ? une démobilisation, notamment de la jeunesse. Déception ? Comment en serait-il autrement à l’issue de deux ans où les pouvoirs politiques les ont bernés. Entre-autres, le simulacre de la Convention citoyenne qui accouche d’une Loi climat dérisoire…   

Attendre que les vraies mesures viennent d’en haut n’est pas réaliste. Peut-être faut-il, pour être mieux entendu, nommer cette révolution. On n’en retient que le premier volet qui, fait de réductions, amène à penser privation. Non, il s’agit de substitution progressive d’un modèle obsolète par un autre, assimilable à un grand pas en avant de l’humanité. Le premier est non seulement mortifère écologiquement mais aussi injuste socialement et dégradant culturellement : nos cerveaux sont colonisés par le consumérisme jusqu’à l’avilir. Le second, fondamentalement libérateur, sera fondé d’abord sur un lâcher-prise par rapport à l’argent. Pouvoir d’achat, niveau de vie, ascenseur social n’ont plus beaucoup de sens. Autonomie dans la convivialité, faire soi-même, cerveaux enfin disponibles à la connaissance, à la culture vivante, aux expressions artistiques, à la nature, au Monde… A l’école, la réussite, c’est l’épanouissement, l’individuation, la sublimation et l’investissement social.

Mais tout cela est-il possible en l’état, coupé que nous sommes du plus grand nombre ? Sans que nous disposions de moyens médiatiques capables de toucher beaucoup de monde ? Alors, si vous partagez cette vision, joignons nos forces !