CHRONIQUE DANOISE DE VICTORIA (2)

Très concentrés sur les Semis Victoria réalise ses rêves...

Les Hojskoler

Dès les premiers jours où je suis arrivée au Danemark, j’ai entendu parler des Hojskoler (prononcé Oyskole). C’était apparemment un lieu de débauche où le sexe était très librement pratiqué par les jeunes Danois.es et autres du monde entier. Comme Avno Oasis, l’écolieu où je vis, est un centre de recherche et d’éducation, et donc une Hojskole, je me suis posé quelques questions. Après m’y être intéressée de plus près, je me suis rendu compte qu’outre la liberté du corps existante dans la culture danoise, c’était plutôt Rune, le narrateur de ces explications sur les Hojskole, qui était surtout passionné par cet aspect de la question.

Alors, c’est quoi les Hojskole ? On m’a dit : “Ce sont des endroits où vont les jeunes après le lycée, pour devenir indépendant.es, puisqu’ielles vivent sur place et non plus chez leurs parents. Chaque Hojskole a sa spécialité et son identité, proposant des activités diverses telles que les arts ou le sport, la pratique du journalisme ou encore la permaculture. Certaines sont aussi d’éducation religieuse, là où Rune n’a surement pas dû aller. Un ou plusieurs voyages sont aussi compris au programme de l’année. Une sorte de passage entre la vie d’ado et la vie de jeune adulte en somme, où ielles peuvent faire une pause et réfléchir à leur prochaine direction de vie, en vivant d’une autre façon : en faisant ce qui leur donne envie, en apprenant seulement ce qui les intéresse. L’année est très chère, comme le Danemark tout entier, mais beaucoup sont subventionnées par les taxes payées par les citoyen.nes et permettent donc à tous.tes d’y participer.

Le jardin partagé de l'Oasis Avno

 

En regardant d’encore plus près, j’ai appris que c’était Nikolaj Frederik Severin Grundtvig (1783 -1872), pasteur, écrivain, poète et philosophe Danois qui, inspiré par son expérience au Trinity College en Angleterre, a créé le concept des Folk High Schools, écoles du peuple. Après que le Danemark ait perdu une partie de son territoire au profit des Allemands, et devant le besoin grandissant des Danois.es de s’instruire pour s’unifier, être entraîné.es à parler en leur nom et défendre leurs pays, Grundtvig a pensé ces écoles. Par le chant, la lecture, le dialogue ou encore l’exploration des environs, les Danois.es pourraient développer leur identité personnelle, éthique, morale et démocratique. Encore aujourd’hui, les Hojskoles sont des lieux d’apprentissage de la vie au sens large et sur le long terme, ouverts à tous.tes à partir de 17 ans. Les examens y sont interdits, et les professeur.es sont plus libres dans leurs enseignements car aucun diplôme ne leur est demandé pour transmettre leurs savoirs aux højskoleelever -étudiant.es des Hojskole-.

 

Conférence

Pour en savoir plus, vous pouvez toujours lire The School for Life: N.F.S. Grundtvig on the Education for the People par Clay Warren.

Vi ses snart til nye eventyr!  A bientôt pour de nouvelles aventures !

Victoria

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