Famille (presque) zéro déchet

À partir de leur propre expérience de vie, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret ont écrit le livre Famille (presque) zéro déchet qui a été vendu à 300 000 exemplaires. Nous avons croisé Jérémie à l’occasion d’une rencontre publique organisée par la revue Sans transition ! à Volonne (04).

La maison du zéro déchet, paris 12e, par Stefano Borghi
La maison du zéro déchet, paris 12e, © Stefano Borghi

On croyait savoir, mais les chiffres nous surprennent : chaque Français produit directement 390 Kg de déchets dans sa poubelle par an, le chiffre a doublé en 40 ans principalement du fait des emballages alimentaires. 590 Kg autres sont jetés en déchetterie et, en notre nom, le BTP, l’agriculture et l’industrie en produisent l’équivalent de 14 tonnes par personnes. Il faut y ajouter 50 tonnes produites pour ce que nous achetons à l’étranger.

La démarche décrite dans le livre a débuté en 2014 quand Jérémie s’est rendu compte qu’il remplissait une poubelle de déchets par semaine, certains la remplissent en 3 jours. Il décide alors de prendre le problème à bras le corps. Un an après, c’est une poubelle par mois, puis une en 6 mois et maintenant, il emplit un bocal de 2 litres. La différence a été compostée (30 %), recyclée ou mise à la déchetterie. Il y a encore pour être complet les déchets d’entretien de la voiture qu’il ne maîtrise pas.

Comment peut-on y arriver ? Refuser d’acheter ce qui est inutilement emballé. Chercher des solutions de remplacement. Se poser la question : en ai-je vraiment besoin ? Acheter de l’occasion. Louer au moment du besoin. Partager avec les voisins. Au quotidien, finalement, c'est quand même une petite révolution qui est progressivement menée. Acheter local, c’est faire son marché en rencontrant les producteurs qui peuvent faire évoluer leurs pratiques plus facilement que le patron du supermarché. Acheter en vrac en allant au magasin avec ses bocaux ou ses bouteilles. Jérémie précise que ces démarches vertueuses pour l’environnement sont aussi des sources de convivialité, de bien-être et d’économies. Le savoir-faire revient puisqu’il faut apprendre à refaire soi-même, notamment la cuisine.

Les plastiques font l’objet d’un chapitre à part, tant c’est un véritable fléau dont on ne connaît pas l’issue. En quantité, c’est mondialement 400 millions de tonnes produites par an avec une prévision à 600 millions en 2030 si rien n’est fait. 160 millions sont des plastiques à usage unique dont l’interdiction est prévue en France seulement en 2040 ! Très difficilement recyclables, seul 9 % le sont, 12 % sont incinérés, le reste soit 79 % sont dans la nature, décharges, océans, rivières… Le tri des emballages alimentaires qui est demandé aux gens n’est qu’une façade, très peu sont recyclables. La réalité, c'est que la grande majorité des plastiques se dégradent lentement là où ils sont et que tôt ou tard, nous les retrouvons dans les organismes vivants. Entiers dans les poissons ou les oiseaux. Dégradés jusqu’aux nanoparticules dans ce que nous mangeons, buvons et respirons.

Enfin, le verre, emballage chimiquement neutre et inusable en principe à l’infini, qui, il n’y a pas si longtemps était réutilisé par le biais de la consigne que chacun respectait, a été, d’une part, remplacé par des bouteilles en plastique (500 milliards par an), et pour une autre, il est cassé et refondu à grand renfort d’énergie et d’eau. Un scandale dont peut-être, nous verrons un début de solution en 2025. Les élites se penchent sur la question…

À la fin de la conférence, on a bien la conviction que c’est localement que les choses ont le plus de chance de bouger et qu’il faut que citoyens et citoyennes s’emparent de cette transition.


Famille zéro (presque) déchet, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret (MARABOUT, 256 pages - 2023)
Guide Famille zéro déchet, agglo Cobas 
La maison du zéro déchet à Paris

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