C’EST DE RENCONTRES DONT LA DÉCROISSANCE A BESOIN

Quiconque milite au sein de collectifs d’envergure nationale ou régionale l’aura remarqué : depuis 2020 nous utilisons comme jamais auparavant les outils permettant l’organisation collective à distance.

Qu'est-ce que cela peut bien révéler de l'emprise du numérique sur nos vies ? Que même au sein de la sphère militante, comme dans nos vies privées avant, nous avons cédé à la dictature douce de la « commodité »[1]. Oui la technologie, c'est commode, et c'est bien-là le souci. Vouloir aller au plus pratique, au plus rapide, au plus économique, au plus fluide, voilà bien des valeurs du monde de la croissance que le monde du numérique vient redoubler : emprise idéologique autant que technique donc, sur lesquelles nous ne devrions pas renoncer d'emblée à émettre des réflexions critiques.

Est-ce à dire que nous autres décroissant-es sommes technophobes ?[2] Non, simplement technocritiques. Ce que nous voulons, c'est reprendre le contrôle dans un monde où la technique est devenue système[3] :  les outils interagissent entre eux, et surtout, les innovations techniques s’imposent à nous. Alors oui, revendiquons notre côté Amish ! Quand on sait que ces communautés n’introduisent pas une nouvelle technologie sans en avoir au préalablement discuté et évalué ses effets, nous serions bien averti-es de nous en inspirer.

Ce qu'il faut questionner ce n'est pas seulement les effets écologiques de la numérisation mais ses effets sociaux : sur la vie sociale, la vie de la société. Tout gain de technicité se perd en socialité. Ces outils viennent peu à peu se substituer à ce qui relevait ordinairement de la rencontre : cette technologisation de notre temps militant désintègre une partie de nos liens et artificialise nos relations aux autres et au monde, qui se retrouvent principalement médiées par l'outil numérique. Quand la machine gagne, c'est l'humain qui perd : remettre la rencontre et la convivialité au cœur de nos fonctionnements devient primordial pour œuvrer aux objectifs de transformations politiques et sociales que nous poursuivons.

Justement, depuis 2009, les (f)estives de la décroissance proposent de passer quelques jours pour réfléchir et discuter ensemble du commun idéologique décroissant, et se rencontrer.

Cette année, les festives de la décroissance se tiendront du 15 au 21 août, à la MFR de Saint-Dié-des-Vosges (88).

Le thème de cette année est justement celui de la vie sociale.

    • La vie sociale, c'est la vie de la société avant d'être la vie en société.
    • Pour les humains, la société tout comme la nature (le vivant) sont les conditions indispensables d'une vie individuelle sensée.
    • C'est une perspective enthousiasmante que nous défricherons ensemble : faire de préserver la vie sociale, c'est à dire la vie en commun, un objectif. L'idée, c'est de « bien vivre » : ensemble, mais aussi, pour, et par le simple fait d'exister.

Nous expérimenterons tout au long de la semaine toutes sortes de formes d'ateliers : conférences, arpentage, ateliers d'écriture, débat mouvant, groupes de travail... Aucun prérequis n'est nécessaire ! Et le soir, les festives, c'est bien évidemment aussi des temps conviviaux et festifs, des tournois de cartes et des chansons de Brassens "au coin du feu"...

Nous vous attendons nombreux-ses pour sortir ensemble des écrans qui étriquent nos mondes sensibles !

Infos pratiques concernant les Festives de la décroissance

Comme d'habitude nous proposerons des logements en bâtiment ou en tente ; les repas seront gourmands. Les prix sont modestes et indicatifs (de 6 à 13€ la nuitée / 5€ le repas). Et pour une fois, l'accès est facilité, puisque nous serons à moins d'1 km d'une gare (gare de Saâles).

Infos pratiques et inscriptions

Le programme 

Plus d'informations par mail : contact@liens.ladecroissance.xyz ; par téléphone : 06 77 89 09 35 (Thierry)


[1]Voir « Au début est la confiance » de Mark Hunyadi

[2]Pour creuser le sujet lire « La décroissance et ses déclinaisons. Pour sortir des clichés et des généralités » de la MCD

[3]Voir « Le système technicien » de Jacques Ellul

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