LE COLLECTIF CITOYEN ÉNERGIE PARTAGÉE

Le mouvement fédérateur français Energie Partagée créé en 2010 redonne de l’espoir quant à la gestion citoyenne des énergies renouvelables et la prise en compte du changement dans nos modes de vie. Parmi ces créateurs, se comptent d’importants acteurs de la transition écologique, Enercoop, La Nef, Solira Développement, Inddigo.

Leur vocation principale est l’accompagnement des citoyens dans une réappropriation de leur énergie, par leur implication au capital et par une participation active aux réflexions de fond qui composent une transition énergétique durable et partagée. Les filières d’énergies sont le photovoltaïque, l’hydroélectrique, le bois énergie, la méthanisation et l’éolien.

Assevac : Le premier parc éolien 100% collectif et citoyen_Energie partagée
Avessac : Le premier parc éolien 100 % collectif et citoyen

Ce mouvement national intervient dans la phase d’élaboration, de conseil, de faisabilité, d’efficacité énergétique de construction et de financement de projets d’énergies renouvelables. L’épargne des citoyens ou collectivités territoriales volontaires, est utilisée pour investir dans des projets citoyens d'énergies renouvelables labellisés par Énergie Partagée. Cette prise de participation facilite l’obtention d’un financement bancaire et surtout permet de garder la maîtrise citoyenne du projet. Chaque projet est unique, l’apport financier du groupement de citoyens ou de la collectivité territoriale est en fonction du type de production électrique et du territoire. Cet apport sera complété par l’emprunt bancaire.

Le deuxième objectif d’Energie Partagée est la montée en compétences des différents membres sur les questions des énergies renouvelables.

Pour garantir la légitimité des projets, une charte a été mise en place en 2010, rappelant les principes à respecter pour proposer un projet : un ancrage local, une finalité non spéculative, une gouvernance démocratique et que ce projet apporte de la valeur ajoutée écologique.

Marc Mossalgue, responsable de la communication nationale du mouvement Energie Partagée, nous explique comment elle est décomposée :

  • une communication orientée sur les valeurs, l’esprit citoyen ainsi que les critères du label Energie Partagée ;

  • une information à destination des groupements de citoyens, collectivités territoriales sur les projets en cours, pour motiver et insuffler de l’espoir ;

  • une communication, sur l’outil Energie investissement, qui va renforcer la fiabilité du mouvement

Les chiffres et les projets

Energie Partagée dispose de son propre fond de capitaux, sous la dénomination d’Energie Investissement. Ce dernier a permis le financement de 89 projets citoyens à hauteur de 19,6 millions d’euros.

En huit ans d'existence, le fonds d'investissement citoyen Energie Partagée a participé au financement de plus de 267 projets citoyens d’énergie renouvelable labellisés et a permis de produire un total de 1046,9 GWh/an (gigawattheure) pour 546,8 MW (mégawatt) de puissance. A lui seul le photovoltaïque représente 177,1 GW/an de production sur 8 ans.

Toujours en 8 ans, 22 938 actionnaires citoyens de coopérative ont investi 36,2 M€ ; 571 collectivités actionnaires en direct ou via une SEM ont investi 16,4 M€ et 6 700 actionnaires citoyens ont confié leur épargne à hauteur de 31,4 M€.

 

L’Allemagne, l’exemple en Europe quant à la gestion de production d’électricité

En 2021, la production allemande d’électricité se répartit ainsi, combustibles fossiles : 43,8 % et les énergies renouvelables : 40,5 %. L’abandon du nucléaire pour l’Allemagne va la rendre moins dépendante des énergies fossiles et plus ouverte au développement d’énergies renouvelables. En effet 1 allemand sur 4 fait partie d’une coopérative.  De plus, la banque publique de développement allemande a mis en place plusieurs programmes de financement préférentiels. 

« En Allemagne, la plus grande coopérative citoyenne regroupe 38 000 membres et gère un portefeuille de production de 560 MW tout en fournissant de l’électricité à 34 000 clients. Depuis 2000, les citoyens allemands ont investi près de 20 milliards d’euros de fonds propres, déclenchant 100 milliards d’euros de projets. »

La dynamique de « l’énergie citoyenne » est régulièrement citée comme levier pour favoriser l’acceptation des projets d’énergies renouvelables, et par extension, de la transition énergétique dans son ensemble. Mais la volonté politique globale ne semble pas mesurer l’importance de l’appropriation citoyenne. Le remplacement des tarifs d’achats garantis par une approche plus concurrentielle (fondée sur les appels d’offres) conduit finalement à favoriser les grands groupes au détriment des projets citoyens.

En France, l’engouement pour les modèles participatifs et citoyens s’est nettement accéléré avec le développement des activités de financement participatif (crowdfunding) depuis 2014 et l’adoption de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015.

Les projets citoyens ne peuvent constituer qu’une partie d’une approche générale, principalement en raison des difficultés à faire participer les ménages les plus modestes. Cependant le cas allemand montre qu’il s’agit d’un levier important au niveau de l’appropriation locale, si on œuvre pour sa généralisation plutôt que d’en faire un phénomène de niche.

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